Ce blog vise à faire découvrir l'Ukraine, ses paysages, sa culture et sa mémoire - notamment celle de la communauté juive de Lviv. This blog aim at the discovery of Ukraine, its landscapes, its culture and its memory - especially the one of the Jewish Community of Lviv.
Histoire de Lviv
La ville devient la capitale de la région de
Galicie-Volhynie en 1272. Sa situation géographique entre la mer Baltique et la mer Noire ainsi que sa proximité avec les Carpates, aide à son développement rapide. A cause de cette position
stratégique, elle doit faire face à de nombreuses invasions par les Tatars, Turques, Moldaves et principalement par les Polonais.
Lwów, ville
polonaise
En 1349, le roi polonais Casimierz III s'empare de la ville et ordonne son déplacement vers le sud. Lviv est reconstruite selon les plans européens : une place centrale entourée de quartiers d'habitations et de fortifications. Il y construit le Haut château sur la plus haute colline (300 mètres), détruit en 1870. Les remparts de la ville sont achevés en 1445, incluant un château inférieur, reconstruit en 1565 pour remplacer la structure en bois du précédent.
Casimierz III accorde à la ville le droit de Magdeburg. Ce qui signifie que les affaires de la ville sont désormais résolues par le conseil de la ville, élu par les riches citoyens. Comme la ville constitue un centre majeur de commerce, s'y installent des Allemands, Arméniens et d'autres marchands. Lviv devient une ville réellement multi-culturelle et plurireligieuse avec ses églises latine, catholique et greco catholique ainsi qu'arménienne à côté de plusieurs synagogues. En 1387, la région est directement rattachée à la couronne polonaise par Jadwiga de Pologne.
Le 17e siècle est marqué par un important développement des
organisations artisanales de tous genres mais également par quelques tentatives d'invasions et plusieurs sièges. Le seul siège réussi est celui des Cosaques en 1649. De courte durée, la ville est
rendue au royaume polonais contre rançon. Les sièges suivants, suédois, turque, ottoman et tatars échouent. La première prise de Lviv date de 1704 par le roi Charles XII de Suède.
Lemberg, une ville
autrichienne
Après la première partition de la Pologne, en 1772, Lviv (Lemberg) devient la capitale du royaume de Galicie et de Lodomeria, région de l'Empire
Austro-hongrois. La langue officielle devient l'allemand même si les cours à l'université sont dispensés en polonais et ukrainien jusqu'en 1805. En effet, au début du 19e siècle commence une
campagne de germanisation qui mène à la révolte de 1848. Suite à cette dernière, le parlement de Galicie (Sejm Krajowy) est institué et en 1867, la
Galicie devient autonome. Néanmoins, seuls les cours en polonais sont autorisés à cette époque. Pendant toute la domination Austro-hongroise, la prééminence des Polonais leur procure plus de
pouvoir au sein de l'administration et du conseil même si la dynastie des Habsbourg joue évidemment avec une partie ou une autre selon ses intérêts.
Lviv au 20e
siècle
Après la fin de la première guerre mondiale et la chute de l'Empire Austro-hongrois, le Conseil National Ukrainien (Rada) proclame la République Populaire d'Ukraine Occidentale, le 1er novembre 1918, avec pour capitale Lviv. Les Polonais, formant la majorité de la ville de Lviv mais une minorité de la région, sont surpris par cette étape politique. Néanmoins, ils commencent rapidement à s'armer, notamment les Aigles de Lviv et reprennent rapidement la ville malgré le siège de l'armée ukrainienne. La commission inter-alliés de Paris tranche et décide de laisser la ville sous autorité polonaise en attendant le traité de paix.
A cette époque, Joseph Pilsudski, président polonais, et
Symon Petlura signent un accord en avril 1920 pour joindre leur forces contre l'armée rouge. Pendant la guerre entre la Pologne et l'URSS, les soldats polonais et de l'Ukraine occidentale
combattent côté à côte. Néanmoins, au moment de la signature du traité de paix, la délégation accepte le partage de l'Ukraine avec la Russie. Cette trahison polonaise, telle que considérée par
les Ukrainiens, est le résultat de lutte politique interne à la Pologne. Quoiqu'il en soit, le traité de paix de Riga du 18 mars 1921 partage l'Ukraine en deux. Une partie est rattachée à la
République polonaise et l'autre devient la République Socialiste Soviétique (RSS) d'Ukraine. En Galicie, les autorités polonaises entament une campagne de polonisaion réduisant les droits des
Ukrainiens et fermant de nombreuses écoles ukrainiennes ou les transformant en écoles polono-ukrainiennes, en réalité uniquement polonaises.
Lviv pendant la Seconde Guerre
Mondiale
En 1939, alors que les Nazis envahissent la Pologne - comme prévu par le pacte Molotov-Ribbentrop, l'armée rouge occupe la totalité de l'actuelle Ukraine. La Galicie est incluse à la RSS d'Ukraine et Staline commence sa campagne de répression des nationalistes. Les élites polonaise, ukrainienne et juive subissent durement le passage au soviétisme avec son lot de déportations et d'exécutions, en particulier de prisonniers de guerre. Pendant deux ans, la région connaît la violence de la dictature soviétique alors même qu'elle n'a jamais connu auparavant la domination russe ou soviétique.
En 1941, les Nazis, rompant leur alliance avec la Russie, envahissent l'Ukraine en commençant par la Galicie. Ils prennent Lviv en juin 1941. Après deux ans de répression soviétique, les Ukrainiens accueillent les Nazis comme des libérateurs, se souvenant de l'époque de l'Empire Austro-hongrois. Les chefs de l'Organisation des nationalistes Ukrainiens (OuN) déclarent l'indépendance de l'Ukraine Occidentale avant d'être rapidement emprisonnés par les Nazis.
S'ensuit l'extermination des Juifs dans toute son horreur : la déportation vers des camps d'extermination (principalement Belzec), la création du ghetto de Lviv (120 000 Juifs dont 200 à 300 seulement survivront), et l'exécution directe et systématique, la Shoah par balles. Approximativement, 1 million et demi de Juifs meurent en deux ans et la vie économique et culturelle juive est anéantie à jamais.
En 1944, l'armée rouge reprend la Galicie et recommence ces déportations d'Ukrainien, de Polonais et d'autres ethnies (Lemkos, Rus...) supposés avoir collaboré. Officiellement, l'actuelle frontière est définie à Yalta en février 1945. Cependant, dès septembre 1944, un accord secret est signé entre la RSS d'Ukraine et le gouvernement provisoire polonais de Lublin prévoyant le transfert des Polonais d'Ukraine en Pologne et des Ukrainiens de Pologne en Ukraine, selon la frontière actuelle. Approximativement un million et demi de personnes sont déplacées.
Lviv et l'époque
soviétique
Après la guerre, le caractère multi-ethnique et plurireligieux de Lviv a complètement disparu avec la communauté juive anéantie, la majorité polonaise déportée et les Allemands explusés ou assassinés. L'église gréco-catholique n'est pas reconnue par le gouvernement soviétique. Tout signe de nationalisme ukrainien est immédiatement réprimé. Lviv redeviendra le centre de la culture ukrianienne uniquement après la mort de Staline.
Pendant l'époque soviétique, Lviv est connue pour ses compagnies et usines de télévision (Zavod Elektron), de voitures (Lvivsky Avtomobilny Zavod), de chaussures (Obuvnaya Fabrika Progress) qui ont survécu jusqu'à aujourd'hui mais ont considérablement réduit leur production à cause du passage à l'économie de marché.
Pendant la Perestroïka et la Glanost, Lviv devient le
centre de Rukh (le mouvement populaire d'Ukraine) qui jouera un rôle important pendant l'indépendance.
L'viv dans l'Ukraine
indépendante
Aujourd'hui, l'oblast de Lviv est connu pour être la région la plus nationaliste d'Ukraine, où la plupart des habitants parlent Ukrainien et revendiquent leur appartenance à la culture européenne et qui en politique, supportent largement Viktor Iouchentko. La ville est aujourd'hui peuplée d'environ 800 mille habitants et son centre historique a été classé en 1998 au patrimoine mondial de l'UNESCO. ; merveille architecturale témoignant du passé multi-ethnique de la ville.
Blandine Scrève